COMORES: ARNAQUE ÉLECTORALE: LES HOMMES MENTENT MAIS PAS LES CHIFFRES!

Après un long suspens digne d’Hollywood, hier tard dans la nuit, les résultats des élections comoriennes sont tombés comme un couperet, au palais du peuple. Mohamed Ali Soilihi, le candidat du pouvoir, arrive premier avec 17,51%. Suivi par le surprenant Mouigni Baraka à 15,09%, et Azali assoumani à 14,96 %. Le choc vient de l’élimination de Fahmi Said Ibrahim à 14,45%. Une disqualification suspecte, c’est le moins qu’on puisse dire, car tout se joue à quelques centaines de voix, c’est-à-dire l’équivalent, à peu près, d’un bureau de vote sur les 408 que compte l’île.

La marge qui sépare Fahmi du podium est si fine, que l’on peut estimer qu’une manipulation des résultats n’est pas à exclure. Ceci n’est pas une posture partisane. Durant toutes ces élections je me suis abstenu autant que faire se peut, de porter la moindre accusation de fraude sans preuve tangible. Cet attachement à la rigueur et l’honnêteté intellectuelle, m’a valu le qualificatif de « naïf ».

Pourtant je n’ai jamais épargné le gouvernement de mes critiques. Avant les élections j’ai publié un article (LA CENI SE DOIT D’ÊTRE IRRÉPROCHABLE) appelant, de ma modeste position, à démettre de ses fonctions le président de la CENI mis en cause par un rapport de la Cour des comptes, pour avoir utilisé 150 millions sans justificatifs. Mon appel est resté lettre morte. Mais cela démontre qu’il n’y a de ma part aucune naïveté et que lorsqu’il y a des preuves je ne m’abstiens jamais de dénoncer les dérives du système.

La naïveté est du côté de ceux qui pensent qu’un organe sur lequel planent des accusations de corruption et dont le président doit une fière chandelle au pouvoir en place qui l’a protégé, allait organiser des élections sans tache. Quelle naïveté! J’ai également appelé les partis à boycotter les élections tant que toutes les conditions ne sont pas réunies pour garantir des élections libres, fiables et transparentes. Là aussi j’ai prêché dans le désert.

Les chiffres publiés par les commissions électorales sont truffés d’erreurs de calcul. Par exemple, pour l’élection du gouverneur de Ngazidja, lorsqu’on additionne les pourcentages obtenus par tous les candidats on obtient 104,41%. Une bêtise monumentale qui jette de sérieux doutes sur la fiabilité du double scrutin. La Cour constitutionnelle ne pourra jamais valider une absurdité pareille.
Nous sommes en 2016, Les Comores ont changé, personne ne peut frauder sans que l’on s’en aperçoive. Fort heureusement, il existe des moyens légaux pour annuler cette injustice.

Mahamoudou Karim

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