Comores : La CENI se doit d’être irréprochable

La prochaine présidentielle, présente une occasion pour nous de réaffirmer le caractère démocratique de la République comorienne. Il est, aujourd’hui, acquis dans notre pays, qu’aucun pouvoir n’est légitime, s’il n’est pas fondé sur la souveraineté du peuple. Par conséquent, il est primordial d’organiser des élections libres, fiables et transparentes. Pour y parvenir, cela nécessite l’existence d’une structure impartiale et irréprochable, chargée de la gestion des opérations électorales. C’est à la Commission électorale nationale indépendante CENI qu’incombe cette lourde tâche.

Malheureusement, ces derniers temps, plusieurs événements sont venus ternir son image, et soulever des interrogations quant à la probité de cette institution. L’affaire débute lorsque la Cour des comptes, a décidé de fourrer son nez dans la comptabilité de la CENI. Selon le journal Al-Watwan, « la section des comptes de la Cour suprême fait état d’un peu plus de 153 millions dépensés «sans pièces justificatives ou soit avec insuffisance de pièces justificatives».

Le rapport d’audit explique que «la gestion de la Commission électorale nationale indépendante est entachée de mauvaise imputation comptable, de dépenses sans pièces justificatives, de dépenses sans justificatifs de services faits, et de dépenses doublement payées» Deux membres de la CENI, Latuf Abdou et Said Mze Dafiné, qui ont osé réclamer des explications, ont tout simplement été suspendus. Une autre membre Zainabu Ahmed, a jeté l’éponge, présentant sa démission comme un acte de protestation envers le comportement du président de la Commission.

djaza

Plutôt que d’ouvrir une enquête, le parquet par le biais du Procureur général Soilihi Mahamoud est monté au créneau pour défendre Djaza le président de la CENI. Beaucoup y voient une solidarité insulaire d’un très mauvais gout, inadmissible de la part d’un si haut membre de l’appareil judiciaire, qui est censé faire régner la justice, sans tenir compte des origines des uns et des autres. Pour Le procureur Général, le chef de la Ceni a juste oublié de demander des factures et des justificatifs des 153 millions dépensés. Circulez il n’y a rien à voir!

Pourtant dans un état de droit, les affaires publiques doivent être menées selon les principes de la transparence et de responsabilité. Ce qui implique notamment la nécessité de contrôler et de sanctionner le cas échéant. Selon tous les organismes internationaux, les mécanismes de contrôle et de reddition de comptes sont importants pour garantir la bonne gouvernance. Chaque membre de l’administration doit rendre des comptes, sur la manière dont il gère l’argent des citoyens. Cette transparence est d’autant plus souhaitable, quand il s’agit d’une autorité électorale dont la rigueur et l’honnêteté ne devraient souffrir d’aucune suspicion.
Le Président Ikililou Dhoinine a d’ailleurs souligné l’importance que revêt le succès du processus électoral. Dans son discours donnant le coup d’envoi de la campagne, il a dit « Réussir des élections libres, transparentes et régulières c’est un défi qu’ensemble, nous devons relever car il y va de la paix civile et de la stabilité de notre pays. » Si le chef de l’État dit vrai et que la stabilité et la paix des Comores sont en jeu, alors il devrait aller jusqu’au bout de sa logique, et mettre fin aux fonctions du controversé président de la CENI.

MAHAMOUDOU KARIM

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s